confinement

London calling…

Et vous, est-ce que vous êtes un rêveur ?

Nikita khandelwal

Nikita khandelwal

Je vous faisais part dans un précédent billet que la situation nouvelle et inédite du confinement avait donné lieu à trois grands types de modification du sommeil. Ainsi, certaines personnes m’ont fait remonter un sommeil perturbé qu’elles expliquaient notamment par un niveau d’anxiété important lié à la pandémie. Ces personnes me confiaient faire des rêves plus fréquents et plus intenses. Parfois étranges, parfois même inquiétants. Laissez-moi vous conter le rêve de Laura, récurrent au cours du confinement. Dans son rêve, elle est assise en tant que passager dans un avion prêt à décoller, de nuit. Bien attachée à son siège, l’avion prend normalement de la vitesse sur la piste puis décolle. Soudain, le pilote annonce haut et fort via les haut-parleurs un problème technique sur l’appareil qui le contraint à atterrir en urgence. Laura se crispe sur sa ceinture qu’elle agrippe comme si sa vie en dépendait. L’avion atterrit avec perte et fracas, secouant les passagers dans tous les sens. Elle jette un œil par le hublot et constate alors que l’avion engage une course folle dans les rues de Londres et sur la Tamise. Alors que le chanteur des Clash entame London Calling… Il reste encore de nombreux mystères du monde onirique à percer. Pour Laura et pour les autres. Il s’agit d’un sujet de recherche particulièrement intense qui nous permet d’en apprendre chaque jour un peu plus sur les fonctions du rêve. Ainsi, les mauvais rêves tel que celui de Laura confinée sont très classiques en situation stressante, et accréditent l’une des théories récentes sur les fonctions du rêve : simuler la menace de façon virtuelle, pour mieux y faire face le jour. Laura simule un confinement virtuel (attachée dans l’avion) pour mieux y faire face le jour, tout en cherchant à s’extraire de cette situation en se projetant vers une future évasion dans une capitale. En d’autres termes, les rêves ont principalement une fonction de régulation émotionnelle. Mais ce n’est pas tout. Certains sportifs de haut niveau que j’accompagne m’ont eux fait part de leur préoccupation de faire moins de rêves qu’en période d’entraînement normal. Pour un sportif de haut niveau s’entraînant jusque 30 à 35 heures par semaine, la réduction drastique de l’activité diurne en période de confinement a en effet pu être problématique et indirectement rejaillir sur la production onirique. Le mouvement réalisé au cours de la journée influence la qualité de votre sommeil. Il reste encore beaucoup à découvrir mais le système vestibulaire de l’oreille interne, particulièrement sensible à la stimulation gravitationnelle, pourrait influencer le sommeil en informant le cerveau sur la quantité journalière de mouvement réalisé au cours de la journée, un peu à la manière d’un actimètre qui enregistre votre nombre de pas au cours de la journée. Et indirectement contribuer à être plus ou moins productif d’un point de vue onirique. Ainsi, les astronautes en mission ont une durée de sommeil paradoxal - la phase la plus riche en rêves - réduite dans l’espace, pour cause d’absence de gravité terrestre. Ainsi, vos rêves de la nuit recèlent une mine d’informations pour votre journée. Et la qualité de votre journée favorise votre propension aux rêves. Et si, dès demain matin, vous preniez le temps au réveil de vous intéresser à vos rêves et éventuellement de les noter sur un carnet dédié ?

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

La méditation : un allié de votre sommeil en période de confinement

Et vous, est-ce que vous méditez durant le confinement ?

Spencer selover

Je vous faisais part, dans un précédent billet, du nombre important de personnes m’ayant fait remonter une modification de leur sommeil depuis le début du confinement. La situation nouvelle et inédite du confinement donne, en effet, lieu à trois grands types de modification du sommeil et le sommeil peut notamment être perturbé du fait d’un niveau d’anxiété important lié à la pandémie. C’est d’autant plus problématique qu’un sommeil de qualité participe aussi à votre protection contre les virus. Les études sur les effets du confinement en Chine montrent sans surprise des niveaux d’anxiété très élevés, une régulation émotionnelle difficile et de nombreux cas de stress post-traumatique quand le confinement dépasse les 10 jours. Le confinement peut conduire à un certain ennui, une envie frénétique de suivre les chaînes d’information en continu tandis que l’isolement peut rendre difficile le partage et l’expression de pensées anxiogènes. Une courte séance de méditation de pleine conscience (mindfulness) quotidienne peut être une solution pour prendre soin de votre sommeil de confiné ! Cette méditation peut être définie comme une pleine conscience, sans jugement, du moment présent ; elle a d’ores et déjà prouvé son efficacité pour traiter certaines problématiques de sommeil. Qu’en est-il dans cette période si particulière du confinement ? Une étude réalisée dans la province du Wuhan en Chine, initialement frappée par le coronavirus, proposait aux participants une séance de dix minutes de méditation réalisée chaque matin, et ce durant dix jours consécutifs via smartphone (confinement oblige !). Le groupe contrôle voyait les participants réaliser une séance, toujours de dix minutes, mais de relaxation. La séance de méditation invitait les participants à se focaliser sur l’instant présent, à être conscient de ce qui se passe à chaque instant, et à l’accepter. Premier résultat positif : les méditants ont constaté une réduction de leur niveau d’anxiété quotidienne. Le sommeil des participants ayant seulement bénéficié de la séance de relaxation était impacté au cours du suivi : ils perdaient en moyenne 40 minutes de sommeil pour chaque nouveau millier de cas de Covid-19 annoncés par les médias. La durée de sommeil des méditants était quant à elle inchangée au cours du suivi. Et si vous essayiez dès demain ? Une séance de méditation le matin, limiter l’exposition aux médias d’information sur le coronavirus à 30 minutes par jour, et éviter ces informations juste avant le coucher. La situation actuelle de confinement peut également être une belle opportunité de faire une pause et de réaliser une certaine introspection…

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Comment rester actif en période de confinement ?

Et vous, vous bougez comment pendant le confinement ?

Theformfitness

theformfitness

Le confinement, s’il s’avère bel et bien nécessaire pour endiguer la pandémie du coronavirus Covid-19, conduit la population dans son ensemble à être moins active physiquement. Même si cela n’est pas toujours visible, cette diminution est bel et bien réelle durant cette période de confinement. Ne nous attachons peut-être pas autant à la partie visible des « actifs », augmentée par le miroir grossissant des réseaux sociaux. Prêtons plutôt attention à sa partie invisible, beaucoup plus vaste et silencieuse, représentée par tous ceux qui ont mis de côté le mouvement de leur vie quotidienne. Le séjour prolongé à la maison augmente les comportements sédentaires - temps excessif assis ou allongé devant les écrans - et diminue la dépense énergétique ; il contribue aussi à l’anxiété et à la dépression. La Mairie de Paris et le préfet de police ont récemment annoncé l’interdiction de toute activité sportive individuelle à Paris entre 10 heures et 19 heures. La capitale durcit les mesures du confinement pour lutter contre le coronavirus en France. Une contrainte supplémentaire qui ne va pas favoriser la mise en activité des « programmés pour la paresse », comprenez ce qui doivent se faire violence pour sortir de leur canapé et s’adonner à une activité physique. En d’autres temps, Nelson Mandela a subi des contraintes bien plus fortes que nous, ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre avec assiduité un entraînement rigoureux au cours de ses 27 ans de captivité. Voici quelques leçons de confinement ou comment Mandela a su rester en forme dans sa minuscule prison. Une cellule humide de 2m2 dans laquelle sa routine débutait à 5 heures du matin, du lundi au jeudi. Malgré un travail manuel éreintant et quotidien, il commençait par courir sur place pendant 45 minutes, suivi de 100 pompes, 200 abdominaux, 50 fentes avant et des exercices de gymnastique, pour une durée totale d’une heure, soit la même durée que celle encore tolérée en extérieur pendant le confinement de 2020… Mandela se tenait donc à cette routine du lundi au jeudi, puis se reposait pendant trois jours. En tant que passionné d’entraînement et de récupération, je ne peux être que séduit par cette alternance opportune entre temps d’activité physique et temps de repos. En plus de stimuler les défenses immunitaires, l’exercice physique est un véritable exutoire : « L’exercice dissipe les tensions, et la tension est l’ennemie de la sérénité. J’ai découvert que je travaillais mieux et pensais plus clairement lorsque j’étais en bonne condition physique, et je me suis donc inflexiblement plié, toute ma vie durant, à la discipline de l’entraînement » (Nelson Mandela). L’Organisation Mondiale de la Santé recommande 2h30 d’activité physique d’intensité modérée ou 1h15 d’activité physique d’intensité vigoureuse par semaine, ou une combinaison des deux. Ces recommandations peuvent encore être appliquées même à la maison, sans équipement spécial et dans un espace restreint. Amusez-vous avec une corde à sauter, les escaliers de votre immeuble, des bouteilles en plastique lestées ou encore une simple chaise sur laquelle vous pouvez multiplier les exercices de musculation ! Vous voulez encore une autre leçon de poursuite d’activité physique sous contraintes fortes ? J’ai connu un militaire féru de course à pied qui partait pour de très longues opérations sur un porte-avions. Il me confiait être heureux de pouvoir disposer d’une centaine de mètres de macadam pour poursuivre son entraînement intermittent, en navette, sur le porte-avions… Alors, je vous invite à profiter, dès ce soir ou demain matin, de la possibilité offerte, encore pour le moment, de courir en extérieur ! D’autant plus que l’exercice physique en soirée et un sommeil de qualité font bon ménage ! Emmenez vos enfants dans la poussette, ils seront ravis de prendre l’air ! L’interdiction de toute activité sportive individuelle à Paris entre 10 heures et 19 heures signifie une autorisation entre 19 heures et 10 heures, soit encore 15 heures de latitude par cycle de 24 heures… Encore une fois, la période du confinement, aussi incertaine soit-elle, peut être traversée en bonne santé et est une opportunité pour ancrer de saines habitudes que vous conserverez après la crise.

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Comment bien dormir en période de confinement ?

Et vous, vous dormez comment pendant le confinement ?

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Afin d’endiguer la propagation du coronavirus Covid-19, le confinement a été décrété il y a 15 jours maintenant. Si le confinement apparaît comme une solution urgente et nécessaire afin de lutter contre la pandémie, divers effets secondaires y sont cependant associés. Au cours de la dernière quinzaine, de nombreuses personnes m’ont fait remonter une modification de leur sommeil. La situation nouvelle et inédite du confinement donne lieu à trois grands types de modification du sommeil :

-votre sommeil est perturbé du fait d’une désynchronisation de votre rythme veille-sommeil. Vos horaires de lever et de coucher sont irréguliers, vous grignotez de manière anarchique et finalement votre rythme veille-sommeil n’est plus en phase avec les rythmes biologiques qui sont dictés par votre horloge interne. Une sensation de fatigue générale est généralement présente ;

-votre sommeil est perturbé du fait d’un niveau d’anxiété important lié à la pandémie. Les études récentes sur les effets du confinement en Chine montrent sans surprise des niveaux d’anxiété très élevés, une régulation émotionnelle difficile et de nombreux cas de stress post-traumatique quand le confinement dépasse les 10 jours. Vous suivez avec attention la progression du virus, relayée de façon très anxiogène par les chaînes d’information en continu. Vous faites des rêves plus fréquents, parfois étranges ;

-vous dormez plus que d’habitude et profitez du confinement pour réaliser de bonnes nuits de sommeil. Délesté des contraintes diverses et variées liées au contexte professionnel notamment, c’est peut-être le signe que vous aviez cumulé une dette de sommeil que vous êtes en train de rembourser.

Quelle que soit la catégorie dans laquelle vous vous trouvez, voici quelques clés pour bénéficier d’un sommeil récupérateur au cours de la période de confinement :

-Régularité : veillez à adopter une heure de coucher et surtout de lever la plus régulière possible, quelle que soit la qualité de la nuit passée, et habillez-vous comme pour une journée de travail. Le week-end, évitez la grasse matinée et optez pour un réveil au plus tard deux heures après votre heure habituelle de lever la semaine. Cela vous laissera le temps d’être actif la matinée, et éventuellement de réaliser une courte sieste (maximum 30 minutes) bienvenue en début d’après-midi. Vous accumulerez aussi une pression de sommeil suffisante et trouverez facilement le sommeil le soir venu. Vous entretiendrez surtout des rythmes veille-sommeil réguliers jour après jour, nuit après nuit… Nous ne savons pas encore combien de temps ce confinement va durer !

-Activité physique. Pour un sportif de haut niveau s’entraînant jusque 30 à 35 heures par semaine, la réduction drastique de l’activité diurne peut être problématique. Veillez en cette période de confinement à conserver au minimum une heure d’activité physique quotidienne, si possible en étant exposé à la lumière extérieure. Une telle activité permet de favoriser le sommeil lent profond et récupérateur au cours de la nuit.

-la lumière est le plus puissant synchroniseur de l’horloge interne qui règle nos rythmes biologiques. Au réveil puis au cours du petit-déjeuner, exposez-vous à la lumière du soleil ou à défaut à une lampe de luminothérapie (blanche ou bleue). Continuez de vous exposer dès que possible au cours de la journée : même confinée, votre horloge interne doit intégrer que c’est le jour !

-l’heure régulière à laquelle vous prenez vos différents repas (petit-déjeuner, déjeuner, dîner) permet également de synchroniser l’horloge interne, tandis que la composition de vos repas favorise votre quantité et votre qualité de sommeil. Le repas du soir devrait être consommé deux à trois heures avant le coucher, avec des glucides à index glycémique élevé au menu ; ainsi que des aliments riches en tryptophane (poulet, dinde, graines de courge), acide aminé essentiel précurseur de la mélatonine, l’hormone du sommeil ! L’alcool, le coca, les boissons énergisantes sont à proscrire tandis que le café devrait être consommé jusque midi maximum.

-limiter l’exposition aux médias d’information sur le coronavirus à 30 minutes maximum par jour, et éviter ces informations juste avant le coucher. L’utilisation des nouvelles technologies (smartphone, tablette, ordinateur, télévision) devrait s’arrêter au minimum une heure avant le coucher, et plus c’est arrêté tôt, mieux c’est !   

-utiliser une technique de relaxation (lecture, méditation, autohypnose, sophrologie, etc.) au cours de l’heure qui précède le coucher. Une douche chaude, un bain de pied, ou un bain chaud (40-42°C) permet aussi un endormissement rapide et améliore la qualité de la nuit de sommeil.

-l’environnement de sommeil idéal : le plus obscur possible, une température entre 18 et 20°C, et le plus calme possible. Le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 réduit nos déplacements motorisés. Ainsi s’amenuise le bruit de notre société agitée. Il suffit d’ouvrir ses fenêtres pour s’apercevoir que le silence est revenu et que s’entend la nature. Profitez-en pour jouir d’un sommeil réparateur et continu ! Sachez aussi laisser montres connectées, capteurs et leurs multiples données à leur juste place, c’est-à-dire hors de votre chambre…

Ces quelques clés devraient vous permettre de (re)trouver un sommeil récupérateur au cours de la période de confinement. Cette période, aussi incertaine soit-elle, est sans tarder l’opportunité de rembourser une éventuelle dette de sommeil, de prendre de bonnes habitudes que vous conserverez et de préparer au mieux la sortie du confinement et la reprise de l’activité !

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.