croyances

Changer d’altitude et se délester de la charge mentale

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  • Le 23/06/2020

Et vous, est-ce que vous souffrez d’une charge mentale excessive ?

Snapwire

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Laura est très récemment venue m’exposer ses problèmes de sommeil. Un besoin urgent de les mettre sur la table au sortir d’une période de confinement particulièrement pénible pour elle. Elle a dû mener de front un travail à responsabilités particulièrement stressant et son rôle de maman d’un nourrisson de sept mois. Très vite, un rythme infernal s’est imposé : des journées exténuantes qui laissent la place à des nuits fragmentées et très peu récupératrices. Démarrer une nouvelle journée est alors chaque jour plus difficile que la veille… En cette période de reprise, elle vient me trouver avec une charge mentale bien trop lourde à supporter pour sa frêle silhouette. Une charge mentale excessive qui fait aujourd’hui souffrir près de 20% des Français selon une enquête Ipsos. Les femmes sont particulièrement touchées puisque ce phénomène toucherait 8 femmes sur 10, avec comme principaux signes la fatigue, le stress et l’irritabilité. La dégradation du sommeil est également un signe important et souvent précurseur. C’est alors le début d’un cercle vicieux dans lequel une nuit de sommeil peu récupératrice laisse la place à une journée où la fatigue mentale s’accumule très rapidement. Accomplir les tâches du quotidien, professionnelles et familiales, prend alors du temps et de l’énergie, plus que nécessaire. Les journées de travail s’allongent inexorablement et viennent grignoter sur le temps de sommeil… Au cours de l’échange, Laura admet que le « lâcher prise » pourrait lui permettre de mieux gérer ce phénomène de charge mentale. Et favoriser aussi un sommeil plus récupérateur. Alors que nous abordons les diverses manières de se délester de cette charge mentale me revient un passage particulièrement marquant du livre de Bertrand Piccard et André Borschberg : Objectif soleil. Dans ce livre, les deux aventuriers retracent l’aventure de « Solar impulse » et l’analogie entre le pilotage d’une montgolfière et la vie qui y est proposée est particulièrement saisissante ! Bertrand Piccard explique que tant que la montgolfière vole à la même altitude, le vent l’emmène dans la même direction. Le pilote a beau prier, pleurer ou jurer, rien ne varie. La seule manière de modifier la trajectoire est de changer d’altitude pour trouver une couche atmosphérique qui a une autre direction. Pour cela, il faut lâcher du lest, s’alléger, et arriver à monter. Or, dans la vie, c’est exactement la même chose ! Quels que soient nos rêves et nos buts, les vents de la vie nous emmènent où ils veulent, au gré de l’imprédictibilité de l’existence. Et nous en sommes prisonniers. A moins que nous ne parvenions à changer d’altitude, dans notre façon de penser et d’agir, pour découvrir d’autres influences, réponses et visions du monde. Pour cela, nous devons notamment nous débarrasser de notre lest, de nos certitudes, convictions, croyances et autres dogmes, c’est-à-dire apprendre à fonctionner autrement, à nous libérer de nos automatismes et de ce que notre conditionnement nous a appris. Je vous ai précédemment confié que les mythes et croyances autour du sommeil sont légion. Changer d’altitude, c’est par exemple prendre le temps de quelques « temps de régénération » au cours de la journée, comme marcher, méditer, lire ou pratiquer la cohérence cardiaque. Le soir venu, ce peut aussi être de tenir un carnet et de se délester de toutes les pensées négatives. Toujours selon Bertrand Piccard et André Borschberg, l’innovation, la créativité consistent à explorer les différents niveaux, les façons de se comporter, pour arriver là où nous voulons aller ; tandis que le leadership, lui, consiste à aider les autres à trouver l’altitude qui leur convient le mieux. Et vous, êtes-vous prêt à trouver l’altitude qui vous convient dans notre prochain atelier « Prêt-à-dormir » ?

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Mythes et croyances sur le sommeil

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  • Le 06/12/2019

En matière de santé, de nombreuses croyances sont véhiculées à tort et à raison. Elles peuvent soit promouvoir soit entraver l’adoption de comportements propices à la santé. Le sommeil n’échappe pas à la règle et plusieurs mythes ont la vie dure ! Il est important d’identifier ces mythes - véhiculés par l’entourage, les médias, la presse, les forums ou Internet - et d’évaluer leur niveau d’évidence scientifique. Dans une récente étude (Robbins et al., 2019), une procédure Delphi a été mise en place avec 11 experts pour évaluer l’inexactitude et l’importance pour la santé publique de divers mythes sur le sommeil. Les auteurs ont finalement établi une liste de 20 mythes classés en six catégories : la durée de sommeil ; le moment du sommeil ; les comportements au cours de la nuit ; les comportements de la journée et leur impact sur le sommeil ; les comportements qui précèdent le coucher ; l’activité du cerveau au cours de la nuit. Parmi les mythes recensés, on retrouve ainsi celui du « court dormeur » selon lequel certains adultes auraient besoin de seulement 5 heures voire moins de sommeil pour être en pleine forme. Un autre mythe renvoie à une question récurrente : si je n’arrive pas à dormir, est-ce mieux de rester dans mon lit ou d’en sortir ? Un autre mythe est relatif aux ronflements : mis à part le côté dérangeant pour le partenaire, ils seraient, la plupart du temps et de manière erronée, sans danger pour le dormeur. Mieux identifier et comprendre les mythes et croyances autour du sommeil est une première étape vers : 1) la promotion de croyances basées sur l’évidence scientifique ; et (2) la proposition d’interventions éducatives sur le sommeil. A suivre sur : https://airtable.com/shrwSwx2eltnrrHYi

Il ne s’agit que de mon opinion personnelle