nutrition

Qu’est-ce qu’un bon sommeil ? C’est comme un bon repas : ça dépend…

Qu’est-ce qu’une bonne nuit de sommeil pour vous ?

Daria shevtsova

Daria Shevtsova

Et si une bonne nuit de sommeil, pour vous, c’était s’endormir rapidement et rester dans les bras de Morphée jusqu’à la douce sonnerie du réveil ? Ou plutôt faire de nombreux rêves et obtenir au réveil, le plus simplement du monde, la réponse à cette question qui vous taraude depuis si longtemps ? Ou encore vous réveiller au petit matin, constater avec délice que vous avez toute la latitude de profiter encore de votre lit, et de vous mettre en mode « snooze » pour quelques heures ? A cette question en apparence simple, il y a une multitude de réponses possibles. Des réponses qui seraient tout aussi diverses et variées à cette question : qu’est-ce qu’un bon repas pour vous ? Je vous propose justement de faire l’analogie entre une bonne nuit de sommeil et un bon repas. Considérons un moment l’expérience d’un bon dîner. Certainement, des éléments comme la quantité de nourriture ainsi que sa qualité contribuent au sentiment de satisfaction. Si certains d’entre vous sont friands d’un buffet à volonté, d’autres portent davantage leur attention sur la qualité des produits. La quantité de sommeil (nombre d’heures de sommeil par nuit) ainsi que sa qualité contribuent également au sentiment de satisfaction liée au sommeil. Mais ce n’est pas tout. Pour le bon dîner, la présentation de l’assiette, le prix ou encore l’ambiance sont d’autres éléments à considérer. Si certains recherchent le dîner au restaurant, d’autres sont favorables à un petit plat concocté et consommé à la maison… De manière similaire, l’environnement de sommeil participe aussi au bon sommeil. Au final, la satisfaction liée à votre sommeil ne peut se résumer à la quantité et à la qualité de votre sommeil. Un bon sommeil est la combinaison de plusieurs composantes : 1) sa qualité subjective ; 2) la latence d’endormissement ou le temps mis pour s’endormir ; 3) la durée ; 4) l’efficacité de sommeil ; 5) les éventuelles perturbations au cours de la nuit ; 6) l’usage éventuel de médicaments ; 7) les difficultés rencontrées pendant la période de veille. Ces sept composantes sont mesurées par un questionnaire appelé « Pittsburgh Sleep Quality Index » ou PSQI qui évalue votre sommeil au cours du dernier mois. Grâce à ce questionnaire, que vous retrouverez très prochainement ici, vous pouvez faire un point sérieux sur votre sommeil et savoir où vous en êtes. Définir une bonne nuit de sommeil est donc complexe, et la définition retenue très variable d’une personne à l’autre. Pour tous ceux qui souhaitent maintenant prendre leur sommeil en mains, le pendant est qu’il existe une multitude de solutions et stratégies pour améliorer votre sommeil. Et pour poursuivre l’analogie jusqu’au bout, le besoin ou la réalisation d’une sieste ne dit pas grand-chose de votre satisfaction globale vis-à-vis de votre sommeil nocturne, tout comme consommer un snack après un repas ne signifie pas nécessairement que le repas n’était pas à votre goût !

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Exercice en soirée et sommeil

Activité physique en soirée ou bonne nuit de sommeil : est-ce qu’il faut choisir ?

Pixabay

Pixabay

Paris, ce lundi soir à 22h30. Alors que le froid vif et mordant de ce mois de janvier me saisit, je rentre d’un pas pressé. Au détour d’une rue, mon attention est attirée par une vitrine particulièrement lumineuse. Au fur et à mesure que je m’approche, une musique entêtante et lancinante se fait de plus en plus précise. Une salle de fitness ! Derrière la vitre, une douzaine de sportifs et sportives suivent avec plus ou moins d’aisance le rythme imposé par le coach. Une goutte de sueur à peine perceptible perle de son front, il aura la décence à la fin du cours de ne pas faire la confidence à ses élèves qu’il s’agit pour lui du septième cours de la journée… Cet épisode citadin banal est l’occasion de répondre à l’une des questions qui m’est le plus fréquemment posée lors de mes interventions : « et le sport en soirée, est-ce que ça perturbe mon sommeil ? »

Les médecins et l’opinion publique en général ont tendance à déconseiller la réalisation d’un exercice physique intense en soirée, au cours de la période qui précède le coucher. Un tel exercice nuirait à la qualité de sommeil la nuit suivante. Il y a aujourd’hui très peu de preuves tangibles dans la littérature scientifique pour soutenir l’option du canapé en soirée plutôt que la course en extérieur ou dans la salle de fitness. Browman et Tepas, en 1976, ont certes montré une augmentation de la latence d’endormissement - ou temps mis pour s’endormir - à l’issue d’un exercice réalisé tard le soir. L’augmentation significative de cette latence d’endormissement était de six minutes à l’issue d’un exercice sur vélo de 45 minutes réalisé seulement cinq minutes avant le coucher ! Aussi rapide soyez-vous à prendre votre douche, rentrer chez vous et profiter d’une petite collation, il y a fort à parier que la période de récupération entre la fin de votre séance et le coucher est plus longue… Plusieurs études ont montré l’absence d’effet voire même des changements bénéfiques du sommeil à l’issue d’un exercice réalisé en soirée. Ainsi, Buman et al. (2014) ont montré, au sein d’un large échantillon de 1 000 adultes, que les adeptes de l’exercice en soirée - exercice réalisé moins de 4 heures avant le coucher - rapportent un sommeil similaire voire amélioré les jours d’exercice comparativement aux jours de repos. Une méta-analyse regroupant les résultats de presque 3 000 adultes a, par ailleurs, conclu que la réalisation d’un exercice moins de 3 heures avant le coucher est bénéfique pour le sommeil : moins de temps de veille au cours de la nuit et moins de sommeil lent léger (Kredlow et al., 2015). Et l’intensité de l’exercice me direz-vous ? Réaliser un exercice subjectivement perçu comme difficile une heure et demi avant le coucher est associé à une meilleure qualité de sommeil et à une réduction de la latence d’endormissement (Brand et al., 2014).

La température centrale de notre organisme suit un rythme circadien, proche de 24 heures. Elle est au plus bas vers 3-4 heures du matin puis augmente progressivement pour atteindre un pic entre 18 et 20 heures. Entre 18 et 20 heures, c’est la fenêtre idéale si vous souhaitez améliorer votre record personnel ! L’endormissement est ensuite lié à une diminution de température interne (environ 0,5 à 1°C) et le sommeil lent profond de début de nuit est favorisé si la température interne est réduite. Le conseil généralement répandu de ne pas réaliser d’exercice physique en soirée repose principalement sur le postulat qu’un exercice, d’autant plus s’il est intense, va augmenter la température centrale et nuire à la qualité de sommeil. La réalité est plus complexe. Pour y voir plus clair, nous avons évalué l’influence d’un trail de haute intensité réalisé en laboratoire et en soirée (21:00) sur le sommeil évalué par polysomnographie de coureurs à pied bien entraînés en endurance (vitesse maximale aérobie supérieure à 18 km/h et VO2max de 70 mL/min/kg). Les résultats ont montré une modification mineure de l’architecture du sommeil au cours de la nuit suivant l’exercice comparativement à la situation contrôle ; tandis que la température centrale et la fréquence cardiaque étaient significativement augmentées au cours de la première partie de la nuit comparativement à la situation contrôle. Un autre article publié en même temps (Thomas et al., 2019) a montré que la réalisation d’un exercice intermittent de course à pied (6 x 5 minutes à 90% VO2pic ; 5 minutes de récupération) à 18h augmentait le temps total de sommeil au cours de la nuit suivante, et ce même si une augmentation de la fréquence cardiaque au cours de la nuit était également constatée.

Il semblerait bien que sport en soirée et sommeil de qualité fassent bon ménage ! Une activité physique régulière fait le lit d’un bon sommeil et d’une bonne santé à long terme. Et afin de mettre toutes les chances de votre côté, voici ma liste des stratégies pour favoriser votre sommeil à l’issue d’un exercice réalisé en soirée :

1. Limiter l’exposition lumineuse, en particulier aux écrans, et éventuellement porter des lunettes teintées

2. Préférer une boisson lactée à l’eau pour assurer votre réhydratation

3. Consommer une collation à index glycémique élevé

4. Consommer du jus de cerise Montmorency et des aliments riches en tryptophane (dinde, graines de courge)

5. Créer un environnement de sommeil adéquat : frais (18-19°C), calme, obscur

6. Essayer un exercice de cohérence cardiaque, ce qui fera l’objet d’un prochain billet

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Le sommeil en Occident

Et vous, est-ce que vous dormez suffisamment ?

Acharaporn kamornboonyarushs

                                                                            Acharaporn Kamornboonyarushs, Pexels

La nouvelle année 2020 a pointé le bout de son nez. La nuit de la Saint-Sylvestre a été festive, courte, très courte voire blanche pour certains. Et si prendre soin de votre sommeil était LA résolution de cette nouvelle année ? Les enquêtes de santé publique menées en Occident sont claires : une proportion importante d’entre nous ne dort pas suffisamment. Ainsi, les Français, par exemple, dorment aujourd’hui en moyenne 6 heures et 42 minutes par cycle de 24 heures. La durée moyenne de sommeil est aujourd’hui passée sous le seuil critique des 7 heures ! C’est un problème de santé publique, un collectif de médecins du sommeil signait récemment une tribune au titre évocateur : « Le manque de sommeil nous tue ». Environ 30% de la population dormirait moins de 7 heures par nuit. A l’occasion d’un de vos prochains réveils nocturnes, ayez la curiosité de vous placer derrière la vitre et de scruter la ville « endormie ». Vous pourrez alors compter les vitres allumées, plutôt que les moutons, et constaterez que vous êtes loin d’être un cas isolé… Or, le sommeil joue un rôle crucial pour la récupération physique (grâce au sommeil lent profond) et psychique (rôle du sommeil paradoxal). La durée de sommeil recommandée pour un adulte de 18 à 65 ans est entre 7 et 9 heures. Rassurez-vous : des solutions existent ! Le sommeil doit tout d’abord être replacé dans un contexte général de rythmes veille-sommeil. La qualité de vos journées détermine la qualité de vos nuits. Activité physique régulière et bonne gestion des émotions vécues au cours de la journée sont déjà de bons alliés. De plus, à la manière d’un interrupteur à bascule, des stratégies existent afin de basculer sereinement de la veille au sommeil en soirée, puis rapidement du sommeil à la veille au petit matin. La luminothérapie, la nutrition, la literie, le refroidissement, l’extension de sommeil, etc. sont de telles stratégies. Plusieurs études scientifiques démontrent aujourd’hui la supériorité des thérapies cognitivo-comportementales sur les somnifères, sans les potentiels effets secondaires associés à la consommation des médicaments. Il est grand temps de passer à l’action et de ménager votre sommeil ! Nous vous accompagnerons dans cette entreprise ô combien importante pour vous. Mais commencez par nous parler de vous en suivant ce lien

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.

Exercice en soirée et sommeil

Paris, ce lundi soir à 22h30. Alors que le froid vif et mordant de ce mois de décembre me saisit, je rentre d’un pas pressé. Au détour d’une rue, mon attention est attirée par une vitrine particulièrement lumineuse. Au fur et à mesure que je m’approche, une musique entêtante et lancinante se fait de plus en plus précise. Une salle de fitness ! Derrière la vitre, une douzaine de sportifs et sportives suivent avec plus ou moins d’aisance le rythme imposé par le coach. Une goutte de sueur à peine perceptible perle de son front, il aura la décence à la fin du cours de ne pas faire la confidence à ses élèves qu’il s’agit pour lui du septième cours de la journée… Cet épisode citadin banal est l’occasion de répondre à l’une des questions qui m’est le plus fréquemment posée lors de mes interventions : « et le sport en soirée, est-ce que ça perturbe mon sommeil ? »

Les médecins et l’opinion publique en général ont tendance à déconseiller la réalisation d’un exercice physique intense en soirée, au cours de la période qui précède le coucher. Un tel exercice nuirait à la qualité de sommeil la nuit suivante. Dans un précédent billet, je vous confiais qu’il est important d’identifier les mythes autour du sommeil et d’évaluer leur niveau d’évidence scientifique. Il y a aujourd’hui très peu de preuves tangibles dans la littérature scientifique pour soutenir l’option du canapé en soirée plutôt que la course en extérieur ou dans la salle de fitness. Browman et Tepas, en 1976, ont certes montré une augmentation de la latence d’endormissement - ou temps mis pour s’endormir - à l’issue d’un exercice réalisé tard le soir. L’augmentation significative de cette latence d’endormissement était de six minutes à l’issue d’un exercice sur vélo de 45 minutes réalisé seulement cinq minutes avant le coucher ! Aussi rapide soyez-vous à prendre votre douche, rentrer chez vous et profiter d’une petite collation, il y a fort à parier que la période de récupération entre la fin de votre séance et le coucher est plus longue… Plusieurs études ont montré l’absence d’effet voire même des changements bénéfiques du sommeil à l’issue d’un exercice réalisé en soirée. Ainsi, Buman et al. (2014) ont montré, au sein d’un large échantillon de 1 000 adultes, que les adeptes de l’exercice en soirée - exercice réalisé moins de 4 heures avant le coucher - rapportent un sommeil similaire voire amélioré les jours d’exercice comparativement aux jours de repos. Une méta-analyse regroupant les résultats de presque 3 000 adultes a, par ailleurs, conclu que la réalisation d’un exercice moins de 3 heures avant le coucher est bénéfique pour le sommeil : moins de temps de veille au cours de la nuit et moins de sommeil lent léger (Kredlow et al., 2015). Et l’intensité de l’exercice me direz-vous ? Réaliser un exercice subjectivement perçu comme difficile une heure et demi avant le coucher est associé à une meilleure qualité de sommeil et à une réduction de la latence d’endormissement (Brand et al., 2014).

La température centrale de notre organisme suit un rythme circadien, proche de 24 heures. Elle est au plus bas vers 3-4 heures du matin puis augmente progressivement pour atteindre un pic entre 18 et 20 heures. Entre 18 et 20 heures, c’est la fenêtre idéale si vous souhaitez améliorer votre record personnel ! L’endormissement est ensuite lié à une diminution de température interne (environ 0,5 à 1°C) et le sommeil lent profond de début de nuit est favorisé si la température interne est réduite. Le conseil généralement répandu de ne pas réaliser d’exercice physique en soirée repose principalement sur le postulat qu’un exercice, d’autant plus s’il est intense, va augmenter la température centrale et nuire à la qualité de sommeil. La réalité est plus complexe. Pour y voir plus clair, nous avons évalué l’influence d’un trail de haute intensité réalisé en laboratoire et en soirée (21:00) sur le sommeil évalué par polysomnographie de coureurs à pied bien entraînés en endurance (vitesse maximale aérobie supérieure à 18 km/h et VO2max de 70 mL/min/kg). Les résultats ont montré une modification mineure de l’architecture du sommeil au cours de la nuit suivant l’exercice comparativement à la situation contrôle ; tandis que la température centrale et la fréquence cardiaque étaient significativement augmentées au cours de la première partie de la nuit comparativement à la situation contrôle. Un autre article publié en même temps (Thomas et al., 2019) a montré que la réalisation d’un exercice intermittent de course à pied (6 x 5 minutes à 90% VO2pic ; 5 minutes de récupération) à 18h augmentait le temps total de sommeil au cours de la nuit suivante, et ce même si une augmentation de la fréquence cardiaque au cours de la nuit était également constatée.

Il semblerait bien que sport en soirée et sommeil de qualité fassent bon ménage ! Une activité physique régulière fait le lit d’un bon sommeil et d’une bonne santé à long terme. Et afin de mettre toutes les chances de votre côté, voici ma liste des stratégies pour favoriser votre sommeil à l’issue d’un exercice réalisé en soirée :

1. Limiter l’exposition lumineuse, en particulier aux écrans, et éventuellement porter des lunettes teintées

2. Préférer une boisson lactée à l’eau pour assurer votre réhydratation

3. Consommer une collation à index glycémique élevé

4. Consommer du jus de cerise Montmorency et des aliments riches en tryptophane (dinde, graines de courge)

5. Créer un environnement de sommeil adéquat : frais (18-19°C), calme, obscur

6. Essayer un exercice de cohérence cardiaque, ce qui fera l’objet d’un prochain billet

Et pour en savoir plus : https://airtable.com/shrwSwx2eltnrrHYi

Il ne s’agit que de mon opinion personnelle

Les règles d’or d’un bon sommeil

1. Régularité

La régularité des rythmes veille-sommeil est l’une sinon la règle d’or d’un bon sommeil. Veillez à adopter une heure de coucher et surtout de lever la plus régulière possible. Le week-end, évitez la grasse matinée et optez pour un réveil au plus tard deux heures après votre heure habituelle de lever la semaine. Cela vous laissera le temps d’être actif la matinée, et de retirer tous les bénéfices d’une sieste bienvenue en début d’après-midi. Vous retrouverez également plus facilement le sommeil le soir venu et, surtout, entretiendrez des rythmes veille-sommeil réguliers jour après jour, nuit après nuit…

2. Nouvelles technologies

Une étude scientifique (Arora et al., Sleep Medicine 2014) a objectivé l’impact délétère des nouvelles technologies sur le sommeil. Consulter frénétiquement Facebook avant le coucher et y poster des commentaires se traduit en moyenne par une heure de sommeil en moins par nuit ! Regarder la télévision avant le coucher se traduit par une vingtaine de minutes de sommeil en moins par nuit tandis qu’écouter de la musique rend l’endormissement difficile. Les nouvelles technologies sont aujourd’hui omniprésentes dans nos vies. Mais leur place n’est plus dans la chambre à coucher. Et si le téléphone portable y pénètre, mettez-le en mode avion !

3. Environnement de sommeil

La chambre à coucher devrait être la plus obscure possible. Une lumière, même faible, qui émane de la rue peut perturber le sommeil, le cerveau étant capable de percevoir une source lumineuse les yeux clos. La température idéale de la chambre se situe entre 18 et 20°C : l’endormissement est lié à une diminution de température interne (0,5 °C) et le sommeil lent profond de début de nuit est favorisé si la température interne est réduite. Enfin, le bruit peut provoquer des micro-éveils au cours de la nuit, sans même en avoir conscience. Apprendre à dormir avec des bouchons d’oreille peut être une solution.

4. Alimentation

L’heure régulière à laquelle vous prenez vos divers repas de la journée renforce vos rythmes veille-sommeil, tandis que la composition de vos repas peut également favoriser votre quantité et votre qualité de sommeil. Le repas du soir devrait être consommé deux à trois heures avant le coucher, avec des glucides à index glycémique élevé au menu ; ainsi que des aliments riches en tryptophane (poulet, dinde, graines de courge), acide aminé essentiel précurseur de la mélatonine, l’hormone du sommeil ! L’alcool est cependant à proscrire, son effet sédatif étant largement contrebalancé par un nombre plus important de micro-éveils au cours de la nuit.

5. Détente cérébrale

A la manière d’un interrupteur à bascule, la veille et le sommeil sont deux états stables. C’est la transition d’un état à l’autre qui est instable : le passage du sommeil à la veille (inertie de sommeil) et de la veille au sommeil (endormissement). La détente cérébrale consiste à appliquer une technique de relaxation (lecture, méditation, autohypnose, sophrologie, etc.) afin de progressivement passer des ondes cérébrales fréquentes et peu amples, caractéristiques de l’éveil, à des ondes cérébrales peu fréquentes et amples, caractéristiques d’un sommeil lent profond et récupérateur.

6. Activité physique

Les bienfaits de l’activité physique sur le sommeil sont aujourd’hui reconnus. L’activité physique réalisée dans la journée, et notamment à la lumière extérieure, permet de favoriser le sommeil lent profond et récupérateur au cours de la nuit. Une croyance populaire veut que l’exercice intense en soirée serait à proscrire, sous peine d’un endormissement difficile et d’un sommeil perturbé. Or, il y a peu de preuves tangibles en ce sens et les bénéfices sur le long terme de l’exercice physique, même réalisé en soirée, sur le sommeil l’emporteraient sur une nuit potentiellement perturbée. 

7. Sieste

De nombreux travaux et ouvrages prônent les multiples bénéfices de la sieste, dans une société en crise de sommeil. Si la priorité reste bien d’identifier les causes d’un sommeil nocturne insuffisant, la sieste peut être une solution pour limiter transitoirement la dette de sommeil. La période la plus bénéfique pour la réaliser est entre 13h et 16h, sa durée doit être soit inférieure à 30 minutes soit correspondre à un cycle complet de sommeil (1h30 à 2h).

Il ne s’agit que de mon opinion personnelle

Le sommeil des Français

Selon une récente enquête du baromètre de santé publique France sur le sommeil, les Français dorment aujourd’hui en moyenne 6 heures et 42 minutes par cycle de 24 heures. La durée moyenne de sommeil est aujourd’hui passée sous le seuil critique des 7 heures ! C’est un problème de santé publique, un collectif de médecins du sommeil signait récemment une tribune au titre évocateur : « Le manque de sommeil nous tue ». Environ 30% de la population dormirait moins de 7 heures par nuit. A l’occasion d’un de vos prochains réveils nocturnes, ayez la curiosité de vous placer derrière la vitre et de scruter la ville « endormie ». Vous pourrez alors compter les vitres allumées, plutôt que les moutons, et constatez que vous êtes loin d’être un cas isolé… Or, le sommeil joue un rôle crucial pour la récupération physique (grâce au sommeil lent profond) et psychique (rôle du sommeil paradoxal). La durée de sommeil recommandée pour un adulte de 18 à 65 ans est entre 7 et 9 heures. Rassurez-vous : des solutions existent ! Le sommeil doit tout d’abord être replacé dans un contexte général de rythmes veille-sommeil. La qualité de vos journées détermine la qualité de vos nuits. Activité physique régulière et bonne gestion des émotions vécues au cours de la journée sont déjà de bons alliés. De plus, à la manière d’un interrupteur à bascule, des stratégies existent afin de basculer sereinement de la veille au sommeil en soirée, puis rapidement du sommeil à la veille au petit matin. La luminothérapie, la nutrition, la literie, le refroidissement, l’extension de sommeil, etc. sont de telles stratégies. Plusieurs études scientifiques démontrent aujourd’hui la supériorité des thérapies cognitivo-comportementales sur les somnifères, sans les potentiels effets secondaires associés à la consommation des médicaments. Il est grand temps de passer à l’action et de ménager votre sommeil ! Je vous propose de vous accompagner dans cette entreprise ô combien importante pour vous.

Il ne s'agit que de mon opinion personnelle