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Créativité et sommeil

Et vous, est-ce que vous prenez soin de votre créativité ?

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Pexels - Tim Mossholder

Une croyance bien ancrée dans la population veut que la créativité soit l’apanage de quelques privilégiés, traversés d’éclairs de génie qui en font des personnes créatives. Les exemples, plus ou moins romancés, sont nombreux à ce sujet. Ainsi, j’ai récemment appris que le scientifique Niels Jerne, immunologiste danois ayant reçu le Prix Nobel en 1984, aurait été traversé par un tel éclair de génie alors qu’il traversait un pont au milieu de la nuit à Copenhague, ce qui lui aurait donné l’idée d’une de ses fameuses théories sur le système immunitaire. Il y aurait donc les créatifs et les autres ! En dépassant cette approche réductionniste et figée, demandons-nous si chacun d’entre nous ne recèle pas en lui un potentiel créatif et les manières de l’exploiter à fond. La vérité pourrait en effet être que nous passons tous par des fluctuations de la créativité, des périodes de disette laissant la place à des périodes particulièrement prolifiques… La créativité est la génération d’idées originales et l’obtention de résultats inédits et utiles ; elle est source d’avantages compétitifs pour les organisations du monde entier. La course acharnée, entre laboratoires, au vaccin qui permettra d’endiguer la pandémie de Covid-19 en est un exemple. La créativité est aussi source d’avantages pour tout individu, qu’il soit ingénieur en recherche et développement, artiste, ou entraîneur sportif. Si chacun d’entre nous, à son niveau, peut bel et bien être créatif, penchons-nous un instant sur quelques déterminants de la créativité :

-Le contexte dans lequel vous évoluez pourrait être un premier accélérateur de créativité. Ainsi, j’ai été frappé de constater à quel point le contexte de crise de la Covid-19 est favorable à la créativité. Il crée un sentiment d’urgence. Or, la pression et l’urgence nous permettent parfois d’être très créatif, même dans des moments de grande vulnérabilité ;

-L’environnement social et professionnel dans lequel vous évoluez peut aussi être favorable à votre créativité, en particulier s’il nourrit votre motivation intrinsèque. Selon Teresa Amabile, la motivation est en effet un des éléments de base de la créativité, avec l’expertise dans le domaine et les compétences créatives ;

-Les échanges non planifiés avec des amis proches, des connaissances ou de parfaits inconnus sont aussi un catalyseur de créativité. Malheureusement, la fermeture actuelle des cafés (et des bibliothèques, salles de sport et musées) nous prive de ces occasions. Une idée qui reste dans un seul cerveau a en effet peu de chance d’être exploitée. L’idée a besoin d’être enrichie dans la discussion, partagée pour qu’elle soit associée à d’autres pour les transformer en idées plus abouties.

Heureusement, la créativité peut aussi être cultivée grâce à des habitudes simples : faire de l’exercice physique comme une simple marche, lire ou encore dormir suffisamment. Ainsi, le timing idéal pour réaliser une sieste dépend notamment de votre chronotype. Si vous la débutez après, elle sera plutôt riche en sommeil lent profond et “boostera” votre mémoire déclarative tandis que si vous la débutez avant, elle sera plutôt riche en sommeil paradoxal et “boostera” … votre créativité ! Je serai ravi de prochainement vous retrouver dans notre atelier « Prêt-à-dormir » et vous faire profiter de multiples astuces pour stimuler votre créativité en dormant plus et mieux.

Il ne s’agit que de mon opinion personnelle

London calling…

Et vous, est-ce que vous êtes un rêveur ?

Nikita khandelwal

Nikita khandelwal

Je vous faisais part dans un précédent billet que la situation nouvelle et inédite du confinement avait donné lieu à trois grands types de modification du sommeil. Ainsi, certaines personnes m’ont fait remonter un sommeil perturbé qu’elles expliquaient notamment par un niveau d’anxiété important lié à la pandémie. Ces personnes me confiaient faire des rêves plus fréquents et plus intenses. Parfois étranges, parfois même inquiétants. Laissez-moi vous conter le rêve de Laura, récurrent au cours du confinement. Dans son rêve, elle est assise en tant que passager dans un avion prêt à décoller, de nuit. Bien attachée à son siège, l’avion prend normalement de la vitesse sur la piste puis décolle. Soudain, le pilote annonce haut et fort via les haut-parleurs un problème technique sur l’appareil qui le contraint à atterrir en urgence. Laura se crispe sur sa ceinture qu’elle agrippe comme si sa vie en dépendait. L’avion atterrit avec perte et fracas, secouant les passagers dans tous les sens. Elle jette un œil par le hublot et constate alors que l’avion engage une course folle dans les rues de Londres et sur la Tamise. Alors que le chanteur des Clash entame London Calling… Il reste encore de nombreux mystères du monde onirique à percer. Pour Laura et pour les autres. Il s’agit d’un sujet de recherche particulièrement intense qui nous permet d’en apprendre chaque jour un peu plus sur les fonctions du rêve. Ainsi, les mauvais rêves tel que celui de Laura confinée sont très classiques en situation stressante, et accréditent l’une des théories récentes sur les fonctions du rêve : simuler la menace de façon virtuelle, pour mieux y faire face le jour. Laura simule un confinement virtuel (attachée dans l’avion) pour mieux y faire face le jour, tout en cherchant à s’extraire de cette situation en se projetant vers une future évasion dans une capitale. En d’autres termes, les rêves ont principalement une fonction de régulation émotionnelle. Mais ce n’est pas tout. Certains sportifs de haut niveau que j’accompagne m’ont eux fait part de leur préoccupation de faire moins de rêves qu’en période d’entraînement normal. Pour un sportif de haut niveau s’entraînant jusque 30 à 35 heures par semaine, la réduction drastique de l’activité diurne en période de confinement a en effet pu être problématique et indirectement rejaillir sur la production onirique. Le mouvement réalisé au cours de la journée influence la qualité de votre sommeil. Il reste encore beaucoup à découvrir mais le système vestibulaire de l’oreille interne, particulièrement sensible à la stimulation gravitationnelle, pourrait influencer le sommeil en informant le cerveau sur la quantité journalière de mouvement réalisé au cours de la journée, un peu à la manière d’un actimètre qui enregistre votre nombre de pas au cours de la journée. Et indirectement contribuer à être plus ou moins productif d’un point de vue onirique. Ainsi, les astronautes en mission ont une durée de sommeil paradoxal - la phase la plus riche en rêves - réduite dans l’espace, pour cause d’absence de gravité terrestre. Ainsi, vos rêves de la nuit recèlent une mine d’informations pour votre journée. Et la qualité de votre journée favorise votre propension aux rêves. Et si, dès demain matin, vous preniez le temps au réveil de vous intéresser à vos rêves et éventuellement de les noter sur un carnet dédié ?

Mathieu Nedelec, chercheur en sciences, avec une expertise dans les domaines de la récupération et du sommeil. Sylvie Gendreau accompagne des entrepreneurs et des créateurs dans la mise en place de stratégies ingénieuses pour réussir leur vie et leurs projets. Nous lirons vos réponses avec attention et nous vous préviendrons de la publication d'articles ou l'organisation d'activités susceptibles de vous aider à résoudre vos problèmes de sommeil.